Management 4.0 : L’Harmocratie, ou comment manager la génération Z ?

Les tendances managériales évoluent à travers les générations, du taylorisme à l’agile en passant par le Lean, quel sera le management de demain ? Analyse de l’Harmocratie, le nouveau mode de management destiné à la Génération Z.

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Evolution du management à travers les générations :

Il y a d’abord eu le Taylorisme. Destiné à la génération des « baby-boomers », c’est plutôt un management de type directif avec une grosse organisation hiérarchique descendante. Nombreux sont ceux qui considèrent que ce mode de travail est aujourd’hui dépassé. Il correspondait à des collaborateurs attirés par la sécurité de l’emploi et la rémunération financière en priorité. Nous allons voir que ces aspirations ont elles aussi évolué.

Aussi appelé Management 2.0, le Lean s’adressait à la génération X. Il était destiné à des collaborateurs qui souhaitait trouver un équilibre entre leur vie privée et leur vie professionnelle. Cette méthode de management a été très critiquée et ses dérives ont eu des conséquences très graves pour certaines entreprises car poussée à l’extrême. (Voir l’article sur les dérives du Lean Management ).

Nous sommes aujourd’hui en plein cœur du Management 3.0 : l’agilité. Face à la génération Y les méthodes ont changées et c’est l’agilité qui semble satisfaire les équipes. Basée sur la liberté, la flexibilité et l’autonomie, elle permet aux collaborateurs de s’épanouir. La hiérarchie est atténuée au maximum, on parle même d’holocratie ou encore de phénomène « No Manager » où les équipes se gèrent toutes seules ( en savoir plus le phénomène  « No Manager » ).

Comme tout modèle, l’agilité devra évoluer pour satisfaire la prochaine génération. Et Il semblerait que le Management 4.0 sera basé sur l’Harmocratie.

Présentation de la génération Z

La génération Z représente toutes les personnes nées après 1995. Ces jeunes diplômés vont très prochainement entrer dans le marché du travail et ont bien évidemment des aspirations et des pratiques différentes que celles de leurs prédécesseurs. Ils seront sans aucun doute très productifs et compétents, mais à condition que leur entreprise réponde à leurs attentes. .

Ces nouveaux collaborateurs auront du mal à supporter les structures hiérarchiques rigides. De plus, ils auront besoin d’avoir des feedbacks très souvent. Ils n’hésiteront donc pas à prendre directement contact avec leur supérieur, plutôt que d’attendre les rendez-vous hebdomadaires. Leur mode de communication s’orientera vers une prise de contact directe (physique) plutôt que par mail.

Ils préféreront qu’on leur fixe un objectif clair et qu’on les laisse travailler, inutile d’être derrière leur dos. Cette génération aura vite tendance à s’ennuyer, ils faut donc leur proposer des missions ponctuelles en plus de leur objectifs à long terme. Ils ont besoin d’être constamment challengés !

Bien évidemment pour eux les conditions de travail ont une importance capitale dans leur vie professionnelle. Le salaire ne pourra en aucun cas pallier à un manque de satisfaction à ce niveau. Le bien-être des salariés est la clé de la productivité. Il est donc important de jouer la carte de la transparence lors du recrutement et « annoncer la couleur » sur l’ambiance de travail. (en savoir plus sur le bonheur au travail )

Leur rapport avec les technologie sera lui aussi très important. Il faudra donc être capable de leur proposer du matériel de très bonne qualité pour les satisfaire. Être à la pointe de la technologie en entreprise est considéré comme « normal » pour la génération Z.

Enfin, ils n’ont pas peur d’échouer contrairement aux générations précédentes qui peuvent avoir du mal à encaisser l’échec. En effet le rapport à l’erreur évolue avec le temps, et on tend de plus en plus à valoriser l’échec plutôt qu’à en avoir honte (en savoir plus sur la culture de l’échec).

Les principes de l’Harmocratie 

Le terme « Harmocratie » étant assez récent, il n’existe pas de règle définie officiellement sur le sujet. Cependant plusieurs personnes ont déjà recensé quelques principes. Loïc LEOFOLD  nous en propose 7 :

Expérimenter la confiance : Dans ce type de management la confiance est essentielle. Il faut impérativement jouer la carte de la transparence. Elle devra exister à tous les niveaux à savoir : entre les collaborateurs, du collaborateur vers le médiateur, et du médiateur vers le collaborateur. Quelques pistes pour instaurer le management par la confiance : ici .

Auto-valoriser les équipes : Créer des équipes auto-organisées et les valoriser. Il est important que chacun comprenne la valeur qu’il apporte à l’équipe et la valeur de l’équipe elle-même. Pour citer Loïc Leofold :  » L’auto-valorisation est le résultat de la somme des satisfactions individuelles et de leurs interactions au sein du réseau collaboratif ».

Développer les appétences collaboratives : Il s’agit ici de s’intéresser au bien-être des collaborateurs, notamment à leurs facteurs de motivation. Il faudra stimuler leur motivation intrinsèque. En effet l’appât du gain ne suffira plus. En savoir plus sur la motivation intrinsèque : ici.

Libérer les pensées parasites : Très souvent notre esprit est tourmenté par de nombreuses pensées qui nous empêche de nous concentrer. Il faut réussir à se libérer de ces tourments pour pouvoir être plus productif. Pour cela on peut proposer plusieurs activités notamment  la méditation qui aide à évacuer notre esprit. En savoir plus sur la méditation au travail : ici.

Faciliter la créativité : La génération Z est créative par nature. C’est ce qui fait leur force et fait d’eux un atout essentiel à l’entreprise. Donc pour innover il faut absolument favoriser cette créativité. Comme pour libérer ses pensées, il existe beaucoup d’activités favorables au développement de la créativité. Agilaction vous propose 4 exercices pour booster sa créativité en entreprise.

Construire une organisation intuitive : Le rôle du manager sera transformé. Fini le management directif, il sera plutôt considéré comme un coach qui se fie à son instinct et qui est à l’écoute de ses collaborateurs.

Promouvoir l’harmonisation continue : Les points évoqués précédemment permettront de créer l’harmonie au sein du groupe. Il faudra cependant réussir à la maintenir. Faire prendre conscience aux collaborateurs que le changement sera permanent afin que leurs réticences disparaissent et qu’il puissent s’adapter plus facilement à chaque innovation.

Sources : Lleofold , Cadreo , JDN 

2 réflexions au sujet de « Management 4.0 : L’Harmocratie, ou comment manager la génération Z ? »

  1. c’est une bonne analyse de cette future génération Z qui arrive sur le marché du travail.
    Ils sont dans l’auto-apprentissage permanent. Ils vont chercher librement et gratuitement, l’information qui leur est nécessaire. La transmission du savoir est horizontale. Ils savent que la plupart d’entre eux exerceront un métier qui reste encore à inventer.
    Organisationnels, managériaux mais avant tout culturels, ces défis constitueront demain l’agenda des dirigeants d’entreprise. Ils doivent dès aujourd’hui mettre l’entreprise en mouvement pour, en aucun cas, prendre le risque de passer à coté de la GEN Z.
    J’en parle un peu plus en détails sur le Blog Les Ateliers Corporate http://serge-perez.blogspot.fr/:

  2. J’y vois peu de différences avec la gestion Agile honnêtement. En effet, Agile est basé sur la confiance, l’auto-organisation et la capacité à réaliser un travail plutôt que sur le titre de chacun. Peut-être que j’ai manqué quelquechose?

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