Créer une culture de l’échec pour apprendre de ses erreurs

Et si avoir tort n’était pas si dramatique que ça ? Et si se tromper faisait partie de l’apprentissage ? Certaines entreprises ont mis en place une véritable culture de l’échec. Et ça marche!

Apprendre de ses erreurs : La culture de l’échec

La peur de l’échec

Dès l’école primaire, nous apprenons à ne pas nous tromper. Celui qui ne se trompe pas avance, passe les étapes quand celui qui se trompe traîne, est retardé. Avoir tort procure un sentiment de honte, de rage, un sentiment blessant. Avoir tort est rabaissant. La peur de l’échec nous accompagne au quotidien que ce soit dans la vie professionnelle ou personnelle. Au contraire avoir raison est un sentiment de toute-puissance, de jouissance. L’Homme aime montrer ses connaissances et en particulier l’Homme cultivé.

Kathryn Schulz, journaliste et conférencière à l’USI sur le sujet « Avoir tort » donne un exemple simple: le pari entre amis. Nous avons tous été confrontés à une situation comme celle-là. Vous exposez une connaissance, un ami en confronte une autre. Sur de vous, vous pariez sur le sujet une petite somme d’argent. Si vous avez tort vous serez honteux et moqué. Pourtant, vous aurez renforcé votre connaissance sur un sujet. Si vous n’aviez pas parié, vous ne l’auriez peut-être jamais su. Vous pouvez visualiser la conférence ci-dessous.

Se tromper, avoir tort est perçu comme un échec. Et la société d’aujourd’hui ne tolère pas l’échec. Si l’élève se trompe, il est pénalisé dans sa notation, si le salarié se trompe, il est décrédibilisé. Pourtant comme le dit le vieux proverbe « l’erreur est humaine ». Nous avons donc le droit à l’échec et personne n’est infaillible. On dit aussi « ceux qui ne tentent rien, ne se trompe jamais ».

Valoriser l’échec

La peur de l’échec est aussi une question de culture. Aux Etats-Unis, les investisseurs préfèrent miser sur un porteur de projet qui a connu l’échec, car il sait comment le surmonter. Si dans nos écoles françaises nous pénalisons l’échec avec de mauvaises notes, d’autres pays comme le Danemark utilise une pédagogie tournée vers l’épanouissement des élèves et non vers l’excellence académique. Les élèves ne sont pas notés avant l’âge de 13 ans. Impensable dans l’Hexagone.

Dans certaines entreprises, on encourage l’échec, on encourage les salariés à se tromper. Parce que c’est en se trompant que l’on apprend et parce que c’est en tentant qu’on innove.   » La peur de l’échec tue l’innovation » rappelle Joakim Sundén, coach agile chez Spotify. Le leader du streaming musical a mis en place une véritable culture de l’échec. Un blog intitulé « Comment nous-sommes-nous tiré une balle dans le pied » a même été créé. Une façon comme une autre d’apprendre de ses erreurs et d’encourager ses salariés à la découverte, à la créativité et à l’innovation.

Les méthodes agiles jouent donc un rôle important dans la mise en place d’une culture de l’échec. Karine Sabatier, directrice de la Cantine Numérique de Rennes précise  : « La culture de l’échec est inscrite dans les gènes de l’agilité. C’est apprendre en continu, donc aussi de ses échecs. C’est l’objet de la rétrospective: on fait l’état des lieux, échecs compris, pour voir comment on peut s’améliorer à partir de ces constats réguliers. » Constituer des équipes autonomes, auto-gérées en amélioration continue contribue donc à cette culture.

Roxanne Varza a importé de Californie, le FailCon. Une journée entière dédiée aux histoires qui finissent mal, racontées par des entrepreneurs de renom. En avril dernier, avait lieu le FailCon 2014 à Paris. Des intervenants d’entreprises modèle telle que Microsoft, Criteo, Viadeo ou encore Soundcloud sont venus raconter leur échec.

Alain Baritault, directeur du Founder Institute paris, ancien journaliste dans la Silicon Valley, donne sa perception de la différence du vécu de l’échec entre la France et les Etats-Unis.

Pour Alain Baritault « l’échec fait partie de la culture américaine. On se construit avec des échecs. En France c’est encore un peu difficile à passer à cause de notre problématique élitiste des grandes écoles qui refusent cette notion d’échec« .

Faire face à l’échec n’est pas facile, surtout en entreprise. Se tromper remet en cause votre crédibilité, vos compétences, vos connaissances. Valoriser l’échec permet de libérer les équipes. C’est un signe, une ouverture de la part du management qui indique que la direction fait confiance aux salariés. Sans la confiance, les salaries ont peur d’agir et ne sont donc pas autonome.

Dans les équipes Opérations Cloud, une frise chronologique des événements a été mise en place. Elle regroupe les faits marquants des services comme le départ d’un collègue ou les bons/mauvais résultats de l’entreprise. Mais cette frise sert également à se rappeler des échecs, des crises vécues au sein des services. Cela rappelle que des erreurs ont été faite, mais que l’équipe à su réagir et elle ne refera pas deux fois la même. Comme le dit Socrate : « La chute n’est pas un échec, l’échec est de rester où l’on est tombé ».

Après un échec il faut donc savoir rebondir. La persévérance est l’une des principales qualités requises pour un entrepreneur.  Persévérer pour trouver la bonne solution, la voie qui amène au succès.

Sources: Le Mag Numérique, France Info 

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